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 [-18] Let me hate you gently | ft. Nora

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jayuleul ∞ i gotta freedom.
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Baek Dawn
jayuleul ∞ i gotta freedom.

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MessageSujet: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Ven 14 Déc - 18:21

    Nuit d'hiver. La pluie s'abat violemment sur les toits des immeubles. Dawn, lui, essaie de dormir. Mais à côté, dans ce bâtiment pourri aux murs en papier mâché, ses voisins baisent. Les cris de la fille donnent l'impression qu'on égorge un cochon. Et lui, il va casser le lit, avec ses coups de reins mal rythmés. Même avec ses écouteurs enfoncés profondément dans ses oreilles, Dawn a l'impression d'être dans leur lit. Et Dieu sait si ce n'est pas ce qu'il souhaite. Sa voisine, elle est petite, toute petite, peut-être un mètre cinquante, avec un peu de chance. Elle a déteint ses cheveux, de sorte qu'ils sont blonds, tirant vers le blanc. Elle porte toujours des débardeurs trop petits desquels déborde toute sa graisse ; sa poitrine difforme aux vergetures apparentes, la peau de son ventre distendue, sur lequel est tatoué le prénom de son ex petit copain. Elle porte souvent des shorts ou des mini-jupes en jean qu'elle agrémente de talons aiguilles et qui mettent magnifiquement en valeur toute sa cellulite. Ainsi que tous les bleus qui couvrent son corps, sans doute causés par son actuelle conquête. L'immeuble de Dawn, c'est à peu près ça. Sauf peut-être son voisin de gauche, un petit vieillard que le brun apprécie énormément. Ou alors est-ce de la pitié. Il vit dans un appartement minuscule, encore plus petit que celui de Dawn. Il a perdu sa femme il y a cinq ans. Endetté, il a été contraint de vendre sa maison et de venir vivre dans cet endroit dégueulasse.

    Ah. Ses voisins ont fini. Cri ultime, jouissance, l'un se lève du lit qui grince, l'autre glousse bêtement. Il entend la moindre de leur parole. Alors, il fait pareil, il sort de son lit, à moitié nu. Son évier déborde. Aujourd'hui, il a mangé à même la boîte de conserve. Alors il commence à gratter la bouffe collée sur les assiettes. Il n'y a plus d'eau chaude, ses mains sont gelées. Comme son cœur. Voilà deux semaines qu'il est sans nouvelles d'elle. Elle est comme ça, elle. Elle, c'est Nora, la petite pute du coin. Ses grands yeux bleus pourraient être remplis d'innocence ; ils pourraient déborder d'amour ; ils pourraient traduire sa tristesse, dévoiler ses sentiments. Mais tout ce que Dawn voit dans ses yeux, ses putains de yeux, c'est sa folie. Si elle ne se suicide pas avant, elle va mourir de folie, Nora. Il le sait, qu'elle se drogue, qu'elle se prostitue. Il le sait, qu'elle profite de lui, qu'elle se joue de lui. Il le sait qu'elle crève. Doucement, chaque jour, elle perd un peu de vie. Elle perd un peu d'envie de vivre. Pendant un moment, Dawn a eu l'espoir secret qu'il pourrait l'aider à (re?)vivre. Mais il a vite abandonné. Ce doit être un cas désespéré, Nora. Personne peut l'aider. Mais Dawn, il n'arrive pas à vraiment la laisser tomber. Si elle ne revient pas vers lui dans quelques temps, il le fera. Pour voir si elle est encore en vie. Parce que si elle disparaît, personne ne le remarquera. Personne, sauf lui.

    Il laisse tomber l'assiette qu'il tenait dans ses mains. Elle s'écrase dans l'évier, trône salement au dessus du tas de vaisselle. Il essuie rapidement ses mains et vient s'appuyer contre la fenêtre de son appartement – l'unique fenêtre, elle aussi gelée. Parking lugubre. Au loin, une silhouette. A sa démarche, il la reconnaît tout de suite. Évidemment, c'est Nora. Alors elle n'est pas en train de crever dans un coin de son appartement. Il soupire. Soulagement ou exaspération de la voir ici, il ne saurait dire. Il reste là, appuyé contre sa fenêtre, il la regarde arriver. Il se demande ce qu'il va lui dire. Il se demande ce qu'elle va lui dire. Elle ne veut sans doute pas parler. Juste baiser. Chercher un peu de réconfort, des bras chauds et protecteurs qui ne sont pas ceux d'un vieux pervers, obsédé, cruellement en manque. Dawn va se faire avoir. Comme d'habitude, il va la laisser faire. Il déteste sa folie, il déteste sa maigreur, il la déteste. Et plus il la déteste, plus il veut l'avoir. Elle est cruelle, Nora, pourquoi elle revient ?

    « Pourquoi tu reviens ? »

    Elle est rentrée chez lui, avec cet air nonchalant. Elle a les yeux explosés. Il a l'impression qu'elle est encore plus maigre ; que s'il prend son poignet et serre un peu trop fort, elle va se casser en mille morceaux. C'est sa descente aux enfers à laquelle il assiste, impuissant. Et il ne la laisse pas répondre, il claque la porte de son appartement et prend son bras, squelettique ; il la pousse contre le mur et enserre son cou de sa main gauche. Elle va étouffer s'il continue. Il relâche un peu son étreinte. C'est lui qui a le souffle court, maintenant. Il approche son visage de celui de Nora et plante son regard dans celui de sa folle ennemie. Il sent sa respiration. Et soudainement, il prend possession de sa bouche, de ses fines lèvres si joliment dessinées. Mais ce n'est pas un baiser d'amour, il y déverse toute sa haine, toute sa colère. Un baiser sans saveur, si ce n'est celle de la violence. Dawn mouve ses mains et vient les placer sous son t-shirt ; elle est si maigre qu'il pourrait presque faire le tour de sa taille avec ses deux mains. Les os de son bassin sont proéminents. Comme si sa fragilité physique traduisait sa fragilité mentale. Puis il remonte sa main droite le long de la colonne vertébrale de la brune, il la touche du bout des doigts. Il empoigne finalement sa chevelure de lionne et susurre à son oreille :

    « Dis-moi, pourquoi t'es venue, hein ? », une de ses mains vient caresser l'intérieur des cuisses de la brune. « C'est pour ça ? »



The desires of the heart are as crooked as corkscrews; Not to be born is the best for man; The second best is a formal order; The dance's pattern, dance while you can. Dance, dance, for the figure is easy; The tune is catching and will not stop; Dance till the stars come down from the rafters; Dance, dance, dance till you drop.
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sil-yeon ∞ got too much pain.
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Merill Nora
sil-yeon ∞ got too much pain.

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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Ven 14 Déc - 20:52

    Douce folie. Au début, c’est une sensation angoissante, totalement instable dont la disparition a l’air si aisé à faire. Malheureusement, quand celle-ci s’installe pour de bon, devient stable et bien encré en soi, s’en débarrassé n’est possible que par la mort. La jeune prostituée ne compte pas encore en arriver là. Pas aujourd’hui en tout cas. Demain, c’est un autre jour. Ayant déjà des projets pour la journée, se donner la mort est une idée stupide. Mais vraiment juste pour ce jour-ci. Enfin, après qu’elle se soit levé lamentablement dans un lit qui n’est pas le sien vers les quinze heures de l’après-midi, des ronflements significatifs à côté d’elle l’ayant réveillé. La soirée de la veille n’est qu’un brouillard affreux. Affreusement plaisant. Un sourire se dessine sur ses lèvres. Qu’importe. C’est passé. Le plus important reste à faire et après avoir retrouvé ses habits, elle s’habit et sans un regard, elle quitte l’appartement du centre de la ville, une enveloppe à la main. Dehors, son corps frissonne violemment au vent qui la fouette d’un coup. Elle glisse l’enveloppe dans son fin manteau. De quoi faire les achats de la journée. Sa conscience sautille joyeusement à cette idée. Merveilleux ! S’engouffrant à pieds dans les ruelles des grandes boutiques de luxe, ses yeux brillent en reconnaissant ce qu’elle cherche : un jeune homme devant un grand hôtel. Immédiatement, elle fonce vers lui, ne le quittant pas du regard. Au moment où les yeux du jeune homme tombent dans les siens, un sourire carnassier s’approprie ses lèvres. Et non, pas aujourd’hui. Se postant devant lui, leurs corps sont rapidement collés quand il s’avance. Mais elle l’arrête bien vite en claquant l’enveloppe sur son torse. « Je vois » lui murmure-t-il sur un ton amusé. Il sort une espèce de petite pochette et lui glisse dans la poche. Son bras est enroulé autour de sa taille et il cherche son regard qu’elle ne lui accorde pas. « Juste une heure, payé double » « Va te faire » susurra-t-elle de façon provocante avant de s’écarter brutalement, le bousculant quand elle passe à côté d’elle, les mains dans les poches, caressant du bout du doigt sa petite pochette. Non, vraiment, la journée est trop belle pour mourir. Demain, demain.

    Les heures passent. La folie reste. Allongée dans un parc en ville, elle scrute le ciel, un joint au bout des lèvres. Le deuxième. La dose qu’elle a ne suffit pas pour deux pauvres jours. Elle sait qu’elle doit recommencer demain soir, pour avoir du fric, pour se fournir encore une fois. Etc.. Pourquoi pas ce soir ? Parce que ce soir, elle a une personne très spécifique à voir. Vu que la drogue n’est pas suffisante, il lui faut un substitut. Dawn. Rien qu’y penser la met dans un état de transe incroyable. Et dans la seconde d’après avec une autre taff, elle sert les points. Sa folie la pousse à le voir, à ne plus se passer de loin, à le détester au point de vouloir le tuer, à s’accrocher à lui comme elle s’accroche à cette putain de vie. Aucune logique. La nuit tombe trop vite. Un troisième s’allume. Elle en a besoin. Le reste, elle le finit demain et le cercle vicieux reprendra son cours. Le froid rentre dans sa peau, sous ses vêtements. Ce n’est pas avec un pull troué et un collant effilé qu’elle irait loin. Pourtant, elle garde une certaine classe avec, ses escarpins la rendant moins négligé. Largement moins. Elle s’en fout. On s’en fout. Une fois terminé, elle écrase ce qui reste dans l’herbe. Comme cela, si ça prend feu, elle sera au première loge et elle danserait tout autour. Un rêve. Se levant en se maintenant avec l’arbre qu’elle a à côté d’elle, elle le remercie en le tapotant tranquillement et s’éloigne du parc, puis du centre. À pieds, seule, en pleine nuit. Direction, le quartier ouest. Le sien. Son refuse, avec ses repères. Et Dawn.

    Déchirée, elle marche la tête haute, les talons claquant sur le bitume. Les gens la dévisagent, elle n’en ait que plus amusé. Comme s’il y avait marqué sur son front : « Regardez moi, je suis tellement folle ». Ressembler à un alien lui apportait une joie immense. Pire que ça. Sa course vers cet appartement n’est pas linaire : elle s’arrête parfois pour regarder par la vitre des bars, reconnaissant vaguement des mecs avec qui elle a baisé il y a encore moins d’une semaine. Personne n’égalait Dawn. Si elle avait encore un cœur, peut-être que les choses se seraient passé autrement. Non, en fait, non. Folie à la con ! Ta gueule. Ce mec est un bâtard, elle est folle. Même sans cela, rien n’aurait pu se passer. Jamais. Jamais ! Manquant de chuter à plusieurs reprises dans les escaliers de l’énorme bâtiment où elle vient de s’engouffrer, elle retire ses chaussures, ayant une légère once de bon sens pour comprendre qu’elle risque de se faire très mal si elle continuait en talon alors qu’elle avait trop fumé. Mais ça, c’est la faute du mec qu’elle allait voir. Qu’elle va voir, dans quelques secondes, qu’elle veut juste contre elle, son corps chaud, sa respiration unique, ses lèvres brutales, ses mains fortes, … Rien que d’y penser, elle presse le pas et entre sans frapper dans l’appartement. Pourquoi faire ? « Pourquoi tu reviens ? » Question de merde. Son regard tombe sur le sien. Son visage n’exprime rien. Elle lâche ses talons sans se préoccuper du bruit que ça ferait pour les voisins d’en-dessous, ni si le plancher supporterait ça, ni encore si les talons n’allaient pas exploser d’une telle chute. N’ayant pas de réponses à cette question stupide, elle se mure dans ce silence qu’elle sait si bien constituer en si peu de temps. Comme avant.

    De toute façon, elle n’a pas le temps de dire ou de faire quoique ce soit qu’il claque la porte, il la serre si fort au poignet qu’il pourrait entendre son sang pulsé de façon significative, et elle retient un gémissement de douleur quand son corps est propulsé contre le mur. Sa main s’abat sur son cou. Mourir. Cette pensée la fait sourire. Elle sait qu’il ne le fera pas, même si elle lui demande, même si elle le provoque jusqu’au bout. Il n’en ait pas capable. Les hommes sont faibles, tout autant qu’ils sont. Lui est un peu différent, mais au fond, tous les mêmes. Sa poigne se desserre, elle peut respirer normalement alors que lui … C’est tout autre chose. Son visage se rapproche, ses prunelles ne la lâchent pas. 3,2,1.. Brutalité. Passion. Violence. Elle sent sa haine et c’est cela qui la fait se sentir plus forte, plus folle encore. Elle ne sait même plus depuis combien de temps ils ne s’étaient plus vue. Elle s’en tapait. Elle veut le voir aujourd’hui, elle le voit. Point final. S’il n’est pas là ? Ce n’est pas encore arrivé. Mais il la retrouverait probablement en très mauvais état dans son appartement. Ses doigts l’électrisent, son corps s’échauffe. Plus vite. Elle sent sa prise sur ses cheveux et ses mots tambourinent dans ses tympans. « Dis-moi, pourquoi t'es venue, hein ? » Un large sourire prend place sur ses lèvres. Il le sait. Il le sait parfaitement bien. Il arrive à savoir ce qu’elle veut. Comme un livre ouvrir. Mais que dans ses pulsions du moment, sur rien d’autre. Mieux valait ainsi. Baissant les yeux vers lui, sa folie ne quitte pas ses yeux. Elle brille telle une étoile increvable. Crève.

    Folie. Ses doigts migrent plus bas. Trop bas. Ses caresses provoquent une respiration saccadée. Envieuse. Pressante. Imposante. « C'est pour ça ? » Connard. Bâtard. Salaud. Se mordant le creux de la joue jusqu’au sang, son regard devient plus sombre. « Pourquoi » dit-elle en penchant sa tête à droite. « Parce que » renchérit-elle en penchant sa tête à gauche cette fois-ci. Levant sa main vers le visage de l’homme en face d’elle, elle plante ses ongles dans sa peau. Juste un peu, juste pour le marquer. Qu’elle le marque pour ce soir. « Baise-moi au lieu de dire des conneries » lui ordonna-t-elle en bougeant contre lui, cherchant un contact plus fort sur sa cuisse. Même explosé, elle sait ce qu’elle veut. Sa folie la poussera sûrement d’ici quelques minutes à le frapper, ou autre chose d’ailleurs. Mais elle veut sentir leur corps brûlant se mouvoir l’un contre l’autre. L’un en l’autre. Pas pire que la drogue, mais aussi provocateur de folie. « Putain fais-le et vite » marmonna-t-elle, ne sachant même plus comment faire pour chercher de sa chaleur. Sa bonne chaleur. Le jaugeant du regard, ses yeux deviennent plus clairs, mais toujours aussi brouillés, excités, désireux. Qu’on en finisse au plus vite.




« ecstasy in the air, i don't care. »
MERILL NORA ▬ folie, douce amie, ne me laisse jamais seule. tu es la seule grâce à laquelle je me sens tant en vie. la force que tu me procures, ne me la retire jamais. oh merci, bitch. ♥️
(c) Myuu.BANG!
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jayuleul ∞ i gotta freedom.
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Baek Dawn
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Ven 14 Déc - 23:27

    Son odeur. Du tabac. De l'herbe. Du sexe. De la féminité. De la folie.

    Elle l'envahit, elle l'excite. Un flux qui entre dans son corps et n'en sort pas. Il est évocateur. Évocateur de leur rencontre, dont Dawn se souvient très bien. C'était cette étrangère négligemment accoudée au bar ; la même chevelure en désordre, le même air de folie sur son visage. Peut-être l'avait-il décelé au premier regard. Peut-être était-ce exactement cette folie qui l'avait attiré. Elle était aux antipodes des filles qui l'attiraient en temps normal. Les filles simples, voire trop simples, un peu stupides, qui couchent sans se poser de questions. Quoique. Cela se retrouve peut-être chez Nora également. Sauf qu'elle, c'est pire. Elle, elle le fait souvent pour l'argent. Quand Dawn y pense, il a à la fois envie de tuer tous les mecs qui l'ont touchée, qui l'ont salie, qui la salissent si souvent. Et il a à la fois envie de la tuer elle, pour se laisser toucher par des mains perverses. Peut-être rugueuses, peut-être ridées. Il la voit feindre l'orgasme, il l'entend feindre l'orgasme ; puis il la voit s'agripper au dos du vieux dégueulasse, il la voit déposer ses douces lèvres dans son cou pendant que lui, lui, l'infâme, dépose sa substance sur ce corps meurtri. Elle doit rire en silence ; rire de dégoût, rire de folie.

    Et elle est revenue. Dawn aussi, c'est un vieux dégueulasse. Il la touche, elle est déjà souillée. Il ferait mieux de lui rendre son innocence, plutôt que de la salir encore plus, Nora. Mais il participe à sa déchéance. Quand il la voit, quand elle se tient là, face à lui, avec ce rictus dément, ses yeux grands ouverts, il ne se contrôle plus. Pulsions. Il lui fait mal, autant qu'elle lui fait mal. Et rien d'autre. Paradoxalement, cette douleur qu'elle cause le fait se sentir vivant. Mais il déteste ça, il préférerait mourir sans avoir connu un seul de ces moments détestables, qui le détruisent, qui le brisent, qui font de lui une toute autre personne. Une personne capable de haine, de violence physique face à une pauvre fille déjà au bord de la rupture. Et pourtant il continue de la toucher, de la blesser. Cette fille doit être maso pour avoir l'air d'aimer ça ; aimer ça comme s'il s'agissait d'une étreinte amoureuse, d'un baiser plein de passion ; comme si leur relation était la plus normale, comme si elle allait lui permettre de s'épanouir. Alors qu'elle ne s'épanouira jamais, Nora. Elle est sans doutée née paumée, détruite. Et elle finira comme ça. Le destin. Pourtant, Dawn ne croit pas en ces trucs. Mais quand il observe Nora, il se dit que ça ne peut être autrement. Elle est unique. Dans le mauvais sens du terme. Il lui arrive de se demander ce qui a fait qu'elle en est arrivée là. Qu'est-ce qu'elle fait en Corée, déjà ? Elle n'a rien d'une coréenne. Elle parle à peine coréen. Elle ne connaît personne, ici. Elle n'a plus de famille ? Ce sont des questions qu'il ne lui a jamais posées. Qu'il n'ose pas lui poser, il a trop peur de la réponse. Il lui arrive de se demander si elle n'a pas tué quelqu'un pour être ici aujourd'hui. C'est vrai, qui aurait l'idée de venir en Corée ? Elle aurait pu aller aux Etats-Unis, ailleurs en Europe. Partout. Mais non. Il fallait qu'elle vienne en Corée. Il fallait qu'elle vienne bouleverser la vie de Dawn, qu'il menait tranquillement jusqu'à ce qu'il la rencontre, jusqu'à ce qu'il pose ses yeux sur elle. Il sent ses mains se mouvoir au niveau de son entrejambe. Il ne bouge pas – frissonne.

    Pute. Une fille comme ça, on ne peut que la détester. Pourtant. Avec ses grands airs, avec cette façon de toujours revenir, de dire des obscénités sans y réfléchir – elle ne fait probablement pas la différence entre un mot obscène et un autre. Parce que sa vie est obscène, sa normalité est obscène. Elle vit dans autre monde, elle évolue dans un autre monde. Et elle évolue dans le mauvais sens. Elle régresse un peu chaque jour, et tous ceux qu'elle croise – Dawn compris – l'aident à s'enfoncer avec un sourire. Parce qu'ils ne pensent qu'à eux, parce qu'il ne pense qu'à lui. Parce qu'à cet instant, il ne pense qu'à une chose, c'est qu'il a envie de la sauter puis de l'étouffer pour ne plus jamais l'entendre. Pour ne plus jamais l'entendre lui dire « Baise-moi au lieu de dire des conneries ». Il va le faire, la baiser. Jusqu'à ce qu'elle monte au septième ciel pour ensuite se rendre compte qu'ici bas, c'est l'enfer. Elle a enfoncé ses ongles sur son visage. Il se crispe. Il ne dit rien, il l'observe, Nora. Et elle, elle continue son petit jeu. Mais c'est lui qui l'y a incitée. C'est lui qui a commencé à la toucher. Peut-être que le fou de ce soir, c'est lui. Peut-être que le salaud de l'histoire, c'est lui. Parce que lui il n'a aucune raison de se comporter comme un pervers dégueulasse, doublé d'un salaud de première. Il n'est pas défoncé. Il a, globalement, une famille aimante. Mais il l'a elle. C'est elle qui le rend comme ça, incontrôlable et incontrôlé, c'est elle qui le pousse à faire des gestes qu'il va regretter quand elle sera partie. C'est elle qui le pousse à déjà la regretter – alors qu'elle est encore là, alors que leur promiscuité atteindra bientôt son paroxysme. « Putain fais-le et vite ». Le silence. Les souffles. Une respiration saccadée. Deux respirations saccadées.

    Il reprend possession de ses lèvres, les mord avec violence. Du sang. Il ne se reconnaît plus. Il fait un pas en arrière. Son pouce vient essuyer la goutte de sang. Il détourne le regard. Il ne veut pas la voir dans cet état. Dans cet état à cause de lui. Du bout des doigts, il vient dessiner le contour de son oreille. Son regard est dirigé vers le sol, comme un enfant honteux. Elle lui a dit. « Baise-moi ». Sa main glisse jusqu'à son cou. Aucun contrôle. Il vient y plonger son visage, sa bouche. Il la plaque derechef contre le mur. Ses mains reviennent entourer ses hanches, il l'entoure de ses bras, ramène son corps contre le sien. Son odeur refait surface. Doucement, il laisse ses mains tomber le long des cuisses de la droguée. Aisément – c'est une plume –, il relève une de ses jambes, puis l'autre. Il veut la sentir au plus près de lui. Et plus brusquement, il vient glisser des baisers sur son épaule, puis sa poitrine. Il la révèle en arrachant le bout de tissu qui lui sert de t-shirt. Enlève tout ce qui fait obstacle au corps nu et souillé de Nora. Sa poitrine, nue, laisse entrevoir quelques suçons. Elle aurait pu paraître pure, sans cela. Il vient apposer les siens. Il a envie de lui crier qu'elle lui appartient, à lui, rien qu'à lui. Mais à la place, il la serre encore plus fort. Encore un peu plus, et ses côtes vont se briser. Il glisse sa main dans le dos de la tentatrice. En la gardant serrée contre lui, il amène ce corps maigre vers le lit. Il pourrait la déposer comme une princesse. Comme elles en rêvent toutes. Mais il veut s'en débarrasser. Il jette le corps à moitié nu.

    Et il l'observe. Elle pourrait être parfaite. Mais c'est la pire. Un sentiment de malaise l'envahit tandis qu'il plonge son regard dans celui de la prostituée. Il voit un homme à côté d'elle, il la voit, jambes ouvertes, s'offrant à n'importe qui. Alors il lui tourne le dos. Il se saisit d'une bouteille de soju qui traîne depuis cet après-midi sur la table, en boit une gorgée. Se retourne. Elle est toujours là ; ce n'est pas un fantôme. Elle fait bien partie de ce monde. A la voir, sans défense, aucune, il aurait presque envie de la protéger. Il vient s'asseoir à côté d'elle, touche du bout des doigts son corps immaculé – pourtant si souvent touché. Puis il les amène vers ses hanches, les glisse au niveau de son entrejambe doucement. Puis l'allonge sur le lit défait. « Tout ce que je te fais, tu l'auras avec n'importe qui d'autre. Sauf que moi, je ne te payerai pas. A moins que tu veuilles aussi jouer à la pute avec moi. »



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sil-yeon ∞ got too much pain.
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Merill Nora
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Dim 16 Déc - 17:49

    Mélange explosif. L’aliénation la pousse à faire ce qu’elle fait. Mais ce n’est pas sa faute. Absolument pas. Le problème vient de ses parents. S’ils n’avaient pas été dérangés, elle ne l’aurait pas été. Oui, voilà, elle se rassure ainsi parfois. Ses délires proviennent de sa mère déjà folle quand elle a épousé son père et de celui-ci. S’il ne l’avait jamais salit, elle n’en serait pas là. Imaginer une autre vie l’enfonce dans sa folie. Elle s’y sent bien, elle est enveloppée dans cet état de sécurité, de démence qui la rend comme elle l’est maintenant. Avec Dawn. Ça en plus de l’herbe et de ses envies incontrôlables. Mais en fait, le pire, c’est lui. Lors de leur rencontre, leurs regards se sont accrochés et ce fut la fin. Le début de la fin. Ce qui devait arriver arriva, comme les gens disent. Ils ont couché ensemble. Encore. Encore. Et encore. Ils en sont au point d’aujourd’hui où ça n’a pas arrêté. « Sex friends » ne convient même pas. Ils se voient quand l’un ou l’autre en a trop envie et craque, les évènements dérapent souvent en pulsion de haine ou de meurtre. Ouais, elle trouve ça amusant, drôle, excitant comme le sexe. Oh plus des fois, ou moins, ça dépend. De la drogue. De son envie pour lui. Toujours les mêmes problèmes qu’elle a converti en solution. C’est plus facile ainsi. Même si tout ce qui l’attend au final, c’est finir à la rue vu qu’elle a trois mois de retard sur le loyer, que les jours où elle baise avec lui elle ne gagne rien donc rien non plus pour payer l’appart ou la drogue et que cette dernière coûte de plus en plus cher car elle est de plus en plus accro, dépendante, addictive. À cause de ce bâtard qui te touche.

    Mais elle aime ça. Elle en raffole. Elle revient et elle lui en redemande toujours. Sans jamais s’arrêter. C’est pour ça qu’elle revient : elle ne peut pas se passer de lui. Elle essaye avec d’autres conquêtes, des vieux ou des jeunes qui lui font mal autant physiquement que moralement. Lui, c’est la source de l’alimentation de sa maladie. Comme un dealeur qui ne refuse jamais de lui vendre de la cam. Pourquoi lui interdirait-il de le faire ? Un dealeur ou un pervers ne le fera jamais. L’un et l’autre en tire trop d’avantages pour lui pour se préoccuper d’elle. Ils sont juste là en guise de vecteur pour l’enfoncer et ils lui porteront le coup de grâce lorsqu’elle se noiera. Tuez-moi. Ils la feront couler en accrochant encore un poids à ses pieds ou en appuyant sa tête. Elle ne se débattra pas. Il faut être lâche et con pour le faire. Elle n’est ni l’un ni l’autre. Si Dawn voulait la tuer ce soir, l’étrangler, la noyer, … Il pourrait le faire. Au fond, il doit être aussi fou qu’elle. Sauf que sa propre folie fait qu’elle ne lit pas la sienne dans ces yeux qui la fixent alors que ses ongles transpercent sa peau. Ce qu’elle lui a demandé prend trop de temps. Impatiente. Elle a du mal à jouer ce soir. Elle veut que tout se termine rapidement. S’en aller. S’enfuir lui de lui. Rester la détruirait encore plus. Personne ne lui a jamais demandé ça. Ce n’était pas lui qui le ferait. Elle sait quel pouvoir elle tient sur lui. En joue. S’en amuse. Trop, beaucoup trop.

    Qui peux me stopper. Nul ni personne. Son baiser la cloue au mur. Toujours aussi brûlant comme la braise. Sa morsure la fait sourire quand il se recule. Il essuie une goûte de sang, elle se passe la langue sur ses lèvres. Sentir ce goût salé dans sa gorge lui donne l’impression de mourir. Une belle idée qui lui traverse l’esprit alors qu’elle sait que d’ici quelques minutes, elle touchera un orgasme qui décuplera cette impression du moment. Elle l’attend. Elle n’a pas peur. La mort est sa meilleure amie. Son visage est niché dans son cou. Son corps claque encore une fois contre le mur. Continue. Ses bras l’enveloppent, la serre conte lui. Puis ils viennent frôler la peau de ses cuisses. Elle veut lui crier de se bouger, d’activer et de la prendre là, violement et fort contre le mur. Cependant, elle apprécie trop l’attente. Un changement d’avis selon les minutes. Ouais, c’est ainsi avec elle. L’une de ses jambes se soulève et l’autre la suit rapidement. Prends-moi. À croire qu’il avait enfin compris. Ses vêtements se détachent rapidement de sa peau. Aucune honte, aucune gêne. Pas depuis il y a treize ans. Ce soir-là, elle a eu honte, si honte. Elle se sentait mal, tellement mal qu’elle se haïssait elle-même. Et l’auteur de cette mascarade. A partir de là, que ce soit les fois d’après, avec d’autres hommes, vieux ou jeune, puceau ou non, violent ou maso, ce sentiment n’a plus jamais refait surface. Mieux vaut ainsi. A à merci, elle ne cille pas un seul instant. Ses baisers descendent sur sa fine peau qui réagit si bien. Plus quand c’est lui, mais elle refuse de l’admettre. Parce qu’ils font tous la même chose, alors pourquoi lui aurait un plus grand effet que les autres ? Impossible. Pourtant, quand il la serre, même à lui en faire mal, à la limite de lui briser les os, elle en raffole. Toujours plus. Il pourrait lui briser les côtes qu’elle en serait très satisfaite. Douce folie.

    Gardant ses bras autour de la nuque de Dawn, elle le laisse totalement faire. Comme une poupée de chiffon sans défense. C’est ce qu’elle est après tout. Pas vraiment sans défense. Elle sait encore se défendre, bien que dans l’état de l’instant – défoncée – ce n’est pas réellement probable. Peu importe. Sentant à peine qu’elle bouge, elle se laisse entraîner, s’accrochant à lui, tenant fortement ses cheveux entre ses mains. Elle ne tire pas dessus. Pas encore. Chaque chose en son temps, se dit-elle. Son corps n’est plus poussé cette fois-ci contre un mur dur et droit, mais contre un matelas rebondissant légèrement contre son corps squelettique. Intéressant. Yeux dans les yeux, il coupe tout contact pour boire. Elle a souvent vu faire ça. Pour se donner du courage. Pour se dire « ce n’est pas ma faute, c’est l’alcool ». Pour être encore plus saoulé. Pour la menacer. Lui, c’est la première solution. Elle sent sa gêne même si loin. Amusant, oui. Les jambes écartées, elle l’attend. Sa patience a reprit le dessus, mais elle brûle d’envie de le sentir enfin. Bouge-toi, pense-t-elle en le voyant se rapprocher. Trop long. Trop, trop.

    Ses doigts reviennent sur elle. Enfin. Corps. Hanches. Sexe. Elle s’allonge, sans arrêter de le fixer. Dépêche-toi, bordel. Mais non, elle devrait encore attendre. « Tout ce que je te fais, tu l'auras avec n'importe qui d'autre. Sauf que moi, je ne te payerai pas. A moins que tu veuilles aussi jouer à la pute avec moi. » Un rire s’élève dans la pièce. Elle ne peut se retenir davantage. Se croit-il aussi inestimable pour elle qu’il ose le sous-entendre ? Toutes ses paroles accolées sont d’un hilarant. Un rire faux. Un rire de fou. Elle l’agrippe par le t-shirt pour l’amener à elle en arrêtant de rire. Plongée dans ses yeux, elle préserve un large sourire dément. Choisis tes mots. « Je ne "joue" pas à la pute. J’en suis une » répondit-elle, fièrement. Fierté de merde. Merveilleux répondant. « Alors maintenant, ta gueule. Ferme-la. Fais-le ». Sa folie n’a plus de barrière. Mais elle aime ça. Et elle adore ce qu’il va lui faire. Grâce à lui, sa mégalomanie est en pic de croissance.

    Afin de lui montrer que le jeu avait assez duré, elle le tire sur elle avec le peu de force dont elle dispose, s’essoufflant beaucoup dans la manœuvre. Mais sa prise reste constante sur lui. Ses yeux brillent et elle pose sa main de libre sur celle proche de son entrejambe et l’apporte à ses lèvres. Un fin sourire se place sur ses lèvres pendant une fraction de seconde. Pute. Oui, ça lui va tellement bien. Elle se retient de rire en y repensant, portant juste ses doigts à sa bouche et se mouille les lèvres avant de passer sa langue dessus, puis les prenant vraiment. Mimant une fellation, elle lâche sa poigne et glisse cette main entre leur corps pour la poser et l’appuyer contre le sexe de son partenaire pour ce soir. Ce mot n’est rien d’autre qu’un compliment à ses yeux. Être sa pute ne la dérangeait pas. Avec les autres. Avec lui. Prendre son pied avec lui, c’est tout. Non, c’est plus, mais pas besoin de s’étendre sur le sujet, elle le veut. Maintenant. Au plus vite, pressant davantage contre son érection. Ne parle plus jamais de jeu, chéri.




« ecstasy in the air, i don't care. »
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Lun 24 Déc - 11:41

    Déesse des Enfers, tentatrice. Elle l'a pris dans ses griffes acérées et ne l'a pas laissé partir. Elle ne le laissera pas partir, jamais. Et paradoxalement, il ne veut pas partir. Il se mettrait sans doute à crever lentement, comme elle actuellement. Ce n'est pas par bonté ou par gentillesse, puisqu'il sait qu'il ne peut rien faire pour elle. Il lui ressemble sur ce point, c'est un sale égoïste dont le seul intérêt est son propre bien-être, et celui de sa famille. Il souffrirait beaucoup si elle disparaissait de sa vie, mais simplement parce qu'il ne peut pas se passer d'elle, de la souffrance qu'elle lui inflige à chaque moment, à chaque seconde. Souffrance qui se mêle au plaisir, quand elle s'offre à lui comme ce soir-là, quand sous ses yeux se présente un corps qui lui inspire à la fois perfection et horreur ; plaisir et dégoût. Le malaise qu'il ressent quand il la touche du bout des doigts ; celui qui s'empare complètement de lui, de son corps et de sa tête quand il la prend dans ses bras, quand il croit être en train de la tuer ; quand elle suffoque puis qu'elle rit, pleine de folie. Aucun mot ne peut décrire leur relation destructrice. L'amour ? Non, il le voit, il sait à quoi c'est censé ressembler. L'image parfaite de son jumeau marié à la femme qu'il aime, qui l'aime. Pas de souffrances inutiles, juste un bonheur simple, fait d'amour, de désir, de tendresse. Un amour heureux. Il n'en a jamais rêvé, puisque de l'autre côté, il voit sa sœur crever d'amour pour un salaud qui la manipule ; et elle, alors qu'elle le sait pertinemment, le laisse faire. Et Dawn, Dawn lui oscille entre vie et mort. Il ne s'est jamais senti plus vivant que depuis qu'il la connaît, elle, cette petite pute qui profite de lui autant qu'elle le peut. C'est la douleur qui lui montre qu'il est en vie, plus que quiconque. Et pourtant. Cette vie qu'il déteste, qu'il avait commencé à apprécier grâce à la danse... C'est une folle qui la lui prend pour la détruire en morceaux en s'en réjouissant allègrement.

    Elle s'offre à lui, délicieuse, et n'attend qu'une chose, qu'il la prenne sauvagement et qu'il l'abandonne là, comme ils le font tous, comme il le fait à chaque fois. Ces moments intenses où leurs corps s'unissent ne se terminent pas par une tendre étreinte entre Dawn et Nora. Mais par la froideur, le silence, à la limite le sommeil. Jusqu'à ce que l'un ou l'autre reparte sans un mot, où sous le bruit des objets et des mots qui volent ; insultes dans le silence comme dans les paroles. Quand son regard fou se pose sur lui, qu'il exprime désir, envie, perte, peur... Alors il ne sait pas quoi faire. Quand les mots qu'elle lui lance sans aucune hésitation, « Je ne "joue" pas à la pute. J’en suis une » accompagnés d'un rire dément, résonnent dans cet infâme petit studio, il se croit arrivé en Enfer. Il est son objet, il doit répondre à ses désirs, elle l'incite à le faire alors que quelque part, au fond de lui, il aimerait avoir autre chose à lui donner que du sexe. Oui, du sexe, cet acte pour lequel on la paie si cher, pour lequel on donnerait tout. Il mentirait s'il disait qu'il pourrait s'en passer lorsqu'il la voit. Puisqu'à chaque fois qu'il la voit, la seule chose qu'ils en tirent c'est ça. Oui, c'est une pute. Une pute qu'il déteste mais qu'à cet instant il a envie de prendre plus que tout. « Alors maintenant, ta gueule. Ferme-la. Fais-le ». Impatiente. « Tu vas crever si je te fais rien ? », il a envie de lui répondre. Mais elle s'essouffle à essayer de l'amener vers elle. Pour l'aider, il se laisse faire, il l'observe tandis qu'elle a le souffle court, et ne répond rien alors qu'elle lui parle comme s'il était le dernier des salauds, son petit jouet qui ne fait pas toujours ce qu'elle veut, quand elle veut, comme elle veut. Qu'elle ne s'inquiète pas, elle va avoir cette folle nuit de sexe. On ne peut pas dire d'amour, juste de sexe.

    Et ses gestes infâmes s'enchaînent, comme si c'était une façon de lui prouver qu'elle le veut et qu'elle l'aura. Oui, tu l'auras comme personne ne l'a jamais eu, tu l'as comme personne ne l'a jamais eu et tu le gardes, alors que tu déploies toutes tes forces, tous tes charmes qui font tomber les hommes. Dawn en est un, faible, aussi faible que toi dans ces moments-là, car quand il faudrait te dire non, il ne le fait pas, il ne sait pas le faire. Alors il te laisse faire, se laisse tenter, observe le contour de tes lèvres aussi fragiles que toi, tandis que ta main vient se presser contre son sexe qui contrôle tout et ne contrôle rien ; c'est Dawn qui ne contrôle rien. Il soupire de plaisir et de désespoir, il ne peut rien faire quand tu agis comme ça. Alors il rapproche son corps du tien, adoptant d'abord un comportement d'amoureux transi, glissant dans ton cou quelques baisers tendres et doux, passant sa main dans tes cheveux, s'y agrippant finalement violemment et arrachant le reste de vêtements qui couvrait ton corps, il ne prend pas la peine de poser son regard ou même ses mains sur l'endroit qui l'attend, qu'il attend, depuis quelques temps déjà. Il ne prend pas la peine de plonger son regard dans le tien, non, tu l'as rendu fou, il se saisit de tes deux poignets si fins et t'empêche de bouger, il a ainsi l'impression de mener la danse. Il ne mène rien. Il se dévêtit et te pénètre ; il n'est plus question de prendre la peine de, mais d'éviter à tout prix ton regard perdu, ton visage sur lequel se dessine de la folie ; éviter à tout prix de se rendre compte de ce qu'il fait, comme une bête sauvage. Il continue machinalement de faire des va et viens entre perte et jouissance ; pas un geste tendre, juste l'abominable acte en lui-même, pour lequel il s'en voudra quelques instants plus tard. Il se fiche de tout quand il est avec elle ; si elle a une quelconque maladie, elle la lui filera, et ils crèveront ensemble. Son corps est envahi d'un plaisir malsain qui atteint son paroxysme quand il laisse sa substance dégueulasse se répandre dans le corps souillé de la petite pute qui s'offre à lui. Un gémissement final s'échappe de ses lèvres, et alors qu'il se retire, il pose enfin son regard sur le corps qu'il a sali. Nora.



The desires of the heart are as crooked as corkscrews; Not to be born is the best for man; The second best is a formal order; The dance's pattern, dance while you can. Dance, dance, for the figure is easy; The tune is catching and will not stop; Dance till the stars come down from the rafters; Dance, dance, dance till you drop.
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Merill Nora
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Mer 26 Déc - 22:56

    Après tout, c’est de sa faute. Dès le début, quand il a croisé son regard, il a du voir ces prunelles brillantes de folie. Cette folie destructrice qu’elle traîne depuis des années et qu’elle lui a refilé comme la peste. Pourquoi n’a-t-il pas fuit plus tôt ? Dans de grands moments de délires solitaires, elle se le demande. Il aurait du faire comme les autres : détaler pendant qu’il en était encore temps. Mais non. Il a été assez stupide pour rester. Et la faute me revient. Ils restent autant accrochés l’un à l’autre et ils se tuent à petit feu ensemble. Elle trouve ça amusant, "normal", logique. Quand on entraîne une personne dans sa chute, elle reste avec jusqu’au bout. Jusqu’à la fin. Jusqu’à la morte. Crever de démence ne l’angoisse pas. Elle y a été préparée depuis son plus jeune âge, prenant exemple sur sa mère. Un modèle en quelque sorte. Mais ce n’était pas réellement le moment de penser au passé. Est-ce que ce bâtard qui allait la prendre se rendait au moins compte qu’il l’enfonçait de plus en plus ? Non. Est-ce qu’il chercherait à savoir un jour ? Non. Elle en était persuadée. Comme si une personne pouvait s’inquiéter pour elle. Laisse moi rire. Enfin, peut-être que si, mais une fois qu’elle fait en sorte de baiser, l’autre personne oublie tout. C’est plus facile. Moins douloureux. Les mots ont plus d’impact que des gestes, pour elle. Etre violer est plus doux que raconter sa vie. Son passé. Son histoire. Son délire psychologique.

    Tout ce qu’elle désire, tout ce à quoi elle aspire, c’est qu’il le fasse. Qu’il la prenne violemment sur ce lit qu’elle connaît si bien depuis quelques temps. Brutalement, violemment, brusquement, comme il le fait toujours. Ne surtout rien changer. Il se montre à peine attentionné, démonstratif de quelque chose qu’elle ne connaît pas. Qu’elle ne veut pas connaître. A quoi bon frôler un sentiment pire que l’autodestruction ? Idiot. Elle le tente comme la pire des putes et elle ne ressent rien par rapport à ça. Humiliant ? Gênant ? Dégoûtant ? Inhumain ? Non. Elle le provoque et elle l’assume totalement. Sûrement trop, mais il ne dit rien. Personne ne dit rien. Que ce soit ces vieux porcs ou ces fils à papa. Tant qu’ils tirent un coup et qu’elle est bonne, ils ne disent rien. Et elle, du moment qu’elle a son fric pour acheter ses doses, elle ne dit rien non plus. Un cercle vicieux où elle entraîne qui elle veut et elle-même. Sans qu’il n’y ait aucune fin possible. Il y a toujours une fin. Drôle, heureuse ou triste. Toujours.

    Il a l’air tellement gentil parfois, si doux, à la limite de la tendresse. Des baisers dans le cou, une main qui remonte doucement son dos, l’électrisant malgré elle. Et d’un coup, il attrape et tire sur sa crinière pas vraiment démêlé, ne relâchant pas et y mettant même toutes ses forces. Le pire est sûrement qu’elle en raffole largement plus que de cette fausse douceur qu’il avait employée quelques secondes auparavant. Sale folle. Le peu de tissus qu’il reste sur son corps s’envole, la laissant davantage offerte qu’avant. Elle aime ça, même si son regard n’est pas sur elle. Aucun regard, même rapide. Elle s’en fiche. Du moment qu’il fait ce qu’elle lui a ordonné, elle s’en tape du reste. Tant qu’il la baise et lui donne un orgasme, il peut la frapper, la faire saigner, l’attacher ou d’autres choses encore qu’elle s’en tapait royalement. Il lui tient les poignets pour la tenir. La retenir. Comme s’il pensait pouvoir contenir sa folie en la plaquant sur le lit. Faux espoir.

    Ses vêtements sont retirés aussi vite que ceux de la prostitué et il ne l’avertit en rien, entrant en elle comme un bourrin. Et bordel, c’est foutrement bon pour elle. Elle se sent entière. Bien. Comme sur un nuage. Comme quand elle sniffe trop ou qu’elle s’injecte une dose trop grande. Le sexe est vraiment une drogue aussi néfaste que toutes les autres. L’addiction produite est incroyable. Il la pilonne et elle ne fait plus rien qu’autre que gémir. Oui, il arrive à la faire ressentir du plaisir. Un vrai plaisir. Pas une simulation quelconque, pas une douleur déchirante, rien de tout ça. Elle aime complètement ça avec lui. Même si elle ne ressent rien pour lui, même si elle n’est qu’une pute à ses yeux, même si dans quelques minutes, ils risquent de s’entretuer ou qu’elle aura déjà claqué la porte. Comme une poupée de chiffon, elle se laisse faire, subjuguer par le plaisir. Il le fait à la perfection, c’est indéniable.

    Quand elle le sent se vider, son septième ciel l’accueil à bras ouvert. Bordel, ça lui avait manqué. Son corps avait été en manque. Savourer une douce passion destructrice, quoi de plus beau dans une vie ? Elle n’imagine pas pouvoir tomber malade. Quelle maladie est pire que celle qui la consume déjà depuis tant d’année ? Aucune. Elle doit déjà en avoir et en refiler. Qu’importe au final. Qu’ils crèvent tous autant qu’ils sont. Le souffle rapide, elle sourit fièrement. Que tous ces bâtards ressentent une infime partie de ce qu’elle a en elle depuis tant d’années. Elle entend son gémissement, elle est fière de l’entendre. Il se retire et la regarde. Son sourire a déjà disparu, sa façade a reprit le dessus. Sa psychose reprend sa place et ses yeux n’envoient que des éclairs de haine. Il est comme les autres. Comme tous les autres. Elle n’a aucun compte à lui rendre, absolument rien. L’imaginez mort ne lui fait rien ressentir. Le bonheur qu’elle a vaguement ressenti a disparu. Le tuer est une idée devenu tout à fait plaisante.

    « Dégage » Son mot claqua dans l’air mais elle ne supportait déjà plus ce regard qu’elle avait désiré avant sur elle. Comme s’il la comprenait. Comme s’il pouvait comprendre. Comme si c’était différent avec lui. D’aucune façon possible elle aimait qu’il la regarde, non ! Il l’a sailli comme les autres. Il l’a bafoué. Il n’a même pas résisté, il n’a rien fait pour l’aider ! Prise d’une pulsion violente, elle réalise que la situation ne va pas. Elle le pousse sans faire attention où il atterrit, ramasse ses affaires et remet rapidement ce qui lui reste de vêtements, ignorant les trous et déchirures qui montrent d’une façon très voyante presque l’intégralité de sa peau. Elle sait ce dont elle a besoin et le cherche. De la drogue. L’orgasme est redescendu trop rapidement, elle a croisé son regard trop … trop de lui. Elle veut cette dose. Peu importe s’il la regarde, tant qu’il ne la stoppe pas. L’aiguille est si proche, fine et prête à s’incruster dans sa peau.

    Les choses ne vont jamais comme elles le devraient, tout le monde le sait. Même la folie laisse ça de clair et net dans son esprit. Essayer de comprendre ou d’expliquer la folie n’a ni queue, ni tête. La dose n’atteint pas son bras. Ses tremblement l’en empêchent. Peur de se louper ? Non. Excès de folie qui l’a fait se relever et avancer vers lui. La pointe est fine, mais si elle la presse dans la jugulaire, il pourrait y avoir des chances pour qu’il meurt, non ? Avec ce qu’il y a dedans, pourquoi ne pas essayer. Tue-le. La folie prenait possession de son corps, ses yeux montraient simplement cette envie de mettre fin à sa vie. Elle n’a pas conscience de ce qu’elle fait. C’était comme si … une autre personne voulait le faire. Ou un genre d’esprit malsain qui traîne dans son corps et qui s’y est logé depuis un bout de temps. Ça n’arrive qu’avec Dawn. Pourquoi lui ? Parce qu’elle est poussée vers lui. D’une manière … Ou d’une autre.




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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Sam 12 Jan - 12:10

    Douce folie. Tu ne l'emporteras pas avec toi, dans cette descente aux enfers. Il luttera autant qu'il le peut pour rester loin de toi, pour ne pas se laisser prendre dans ce tourbillon sans fin – si ce n'est la mort. Tu t'y diriges doucement – si seulement elle n'était que physique. Mais ta mort, elle est plus que ça. Tu te diriges vers le moment où tu ne contrôleras plus aucune de tes pensées, où tu prendras ta folie pour une forme de liberté, alors qu'elle est la plus grande des aliénations. Tu t'en délectes et cherches quelqu'un pour t'accompagner dans ta chute. Plus il refuse, plus tu déploies tes forces pour le faire céder. Sa volonté n'est pas si forte, tu le sais, qu'il va céder. Comme quand tu dévoiles ton corps et insistes pour qu'il le prenne – comme si tu prenais quelque plaisir à faire cela, pire, quelque bien-être, quelque bonheur. Tu ne l'as sans doute jamais connu, alors comment le déceler ? Tu l'inventes. Il pense que tu ne le connaîtras jamais, il a peut-être raison. Les choses ont changé. Pendant un moment, il a pensé qu'il pourrait t'y faire goûter. Jusqu'à ce qu'il se rende compte de ce que tu étais : une fille qui perd peu à peu son humanité, baignant dans le sexe et dans la drogue sans même s'en soucier – ou en tout cas est-ce ce que tu montres, ce que tu lui montres. Alors quand il te prend comme si tu n'étais qu'un objet que l'on prend puis que l'on jette, il te déteste autant qu'il se déteste. Son plaisir le dégoûte, ton plaisir le dégoûte ; il préférerait te voir crever seule, sans l'aide de personne, surtout pas la sienne – sans emmener personne avec toi.

    Les yeux de Dawn la suivaient, observaient chacun de ses mouvements, le moindre de ses mouvements. Quand l'acte est fini, l'acte dégueulasse, l'acte infâme, l'acte répugnant ; ils ne sont plus que deux êtres qui ne se comprennent pas et se détruisent. Il avait raison de rester éloigné de toutes ces filles qui ont quelque chose qui l'attirent. Parce qu'il savait qu'elles pourriraient sa vie. Comme Nora le fait depuis qu'elle le connaît ; son emprise sur sa vie devient de plus en plus grande, et tout ce qu'il aimait commence à disparaître de son esprit pour qu'elle, cette infecte petite pute, y grandisse et prenne toute la place. Elle l'envahit et il croit entendre son rire à moitié sadique, à moitié fou. Oui, il aurait mieux fait de continuer à s'accoupler avec des filles banales et superficielles mais à la normalité sans bornes – celles qui ne demandent qu'un peu d'attention puis repartent en silence. Et au lieu de cela, il est tombé sur la pire, dont l'artifice a été remplacé par la folie, la beauté superficielle par une espèce de crudité qui l'attire irrémédiablement vers elle. Et alors qu'il repense à ce qu'il vient de faire, qu'il ressent le même dégoût qu'à chaque fois, quand il l'observe, il a envie de recommencer. Il ne peut attendre que ça d'elle, du sexe, du sexe, du sexe. Elle n'a que ça à offrir, et elle ne demande que ça. Elle ne demande pas à être rassurée – rassurée sur quoi ? Comment peut-elle l'être ? Elle doit avoir conscience que sa vie est déjà finie, qu'elle ne fait plus que subir, qu'elle n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle-même, ne s'est jamais réellement connue, elle n'a connu que la Nora envahie de folie, folie qu'elle ne comprend pas. Mais celle qui se cache au fond d'elle, bien au fond, celle qui n'est jamais apparue, elle ne sait sans doute même pas qu'elle existe, elle ne la connaîtra jamais. S'il pouvait l'aider à y arriver, il le ferait, mais il n'y a rien à faire. Il n'y a rien à faire pour les filles comme ça, si ce n'est attendre, subir, croire. Croire qu'elle vit, qu'elle est ce qu'elle est que c'est très bien comme ça.

    Quand il pense à elle, il pense à lui. Peut-être ne veut-il pas l'aider parce que cela signifierait laisser sa vie de côté, sa vie qu'il a si bien protégée jusqu'à maintenant, jusqu'à sa rencontre avec la prostituée. Il est quelqu'un d'assez égoïste, après tout, sauf quand il est question de sa famille. Mais il n'a jamais laissé une femme diriger sa vie, et là, il voit qu'elle le peut, Nora. Qu'elle a plus de pouvoir que lui-même sur sa vie, sur la direction qu'elle va prendre. Alors il lui en veut. Alors il a décidé de ne rien faire pour elle, de croire qu'il ne peut rien faire ; il préfère la regarder souffrir en se disant qu'elle fait tout pour. S'il ne peut pas s'en défaire, alors au moins, il ne s'impliquera pas plus dans cette relation qui n'a pas de raison d'être. Si l'on peut appeler ça une relation. Certains diraient « sex friends ». Sauf qu'il n'en est rien. Elle est loin d'être son amie, il est loin de la voir rien que pour le sexe, même s'ils finissent toujours par unir leurs corps. Parce quand il ne la voit pas, il pense à elle ; non pas en imaginant plein de niaiseries, mais en se demandant par qui elle est en train de se faire sauter, si elle est en train de se piquer, si elle va être retrouvée inanimée dans une ruelle sombre. Et quand elle revient, avec cet air nonchalant, ce sourire fou, ses invitations peu nuancées; alors il est soulagé.

    Et il finit par s'en vouloir. Il s'en veut quand elle lui lance un « dégage » dénué de sentiments. Il s'en veut alors de s'être soucié d'elle – parce qu'elle ne se soucie pas de lui, elle ne l'a jamais fait et elle ne le fera jamais. Elle se sert de lui, le prend quand elle en a besoin et le jette quand ce n'est plus le cas. Et il la laisse faire. Son corps frêle se mouve tandis qu'elle le pousse faiblement. Il fait un pas en arrière, la laisse passer. Elle se revêtit fébrilement et Dawn sert les dents à l'idée qu'elle sorte habillée comme ça – évidemment qu'elle n'espère pas s'en sortir. Elle cherche à ce qu'on l'aide à s'enfoncer encore plus. Se droguer doit être plus important que quoique ce soit dans sa vie. Elle va le faire, chaque geste qu'elle éxecute le lui indique. Le manque se lit sur son visage. Il ne va pas l'en empêcher. Il laisse son regard se poser sur elle. Elle pourrait être si belle, si on ne lisait pas sur son corps la moindre de ses activités – la drogue, la prostitution, la perte de soi. En un mot, la déchéance. Ses mains tremblent, elle n'atteint pas sa cible. En quelques secondes, son regard devient encore plus fou, tandis qu'elle commence à se diriger vers lui, la seringue à la main. Lui ne bouge pas, il la regarde s'avancer, jusqu'à ce qu'elle arrive tout près de lui.

    D'un geste brusque, il se saisit de la main où se trouve la seringue. Il serre ce poignet si fort, et se débarrasse de la seringue qui vient s'écraser sur le sol dans un clinquement. Sa main se dirige vers l'avant-bras de la brune, si fin. Quand il regarde le poignet qu'il a serré quelques secondes auparavant, il y voit une marque rouge s'y dessiner. Mais il ne le regrette pas. Ce n'est rien. Rien comparé à ce qu'elle veut faire, Nora. Il la tire brusquement vers lui, sans lâcher ce faible bras, et approche son visage de l'oreille de la brune. « Tu fais ce que tu veux de ta vie. Mais je ne te laisserai pas jouer avec la mienne. » Ce sur quoi il resserre encore son étreinte et rapproche un peu plus son visage de l'oreille dans laquelle il vient de souffler quelques mots. Sans réfléchir à ce qu'il fait, il vient y glisser sa langue doucement, sur ce lobe tout doux, qu'il se plaît à mordiller, avant de rapprocher le corps frêle de la brune une nouvelle fois du sien, de façon à ce qu'ils soient en contact. Il lâche son bras mais entoure son corps, sa main passant dans son dos et remontant jusqu'à sa chevelure. Du bras qui est encore libre, il vient dessiner le contour du visage de Nora. Il recule un peu le sien et murmure: « Tu sais, je préférerais que tu restes en vie... Avec moi. » Bien sûr, il regrette déjà ses paroles. Comme si elle le méritait, elle.



The desires of the heart are as crooked as corkscrews; Not to be born is the best for man; The second best is a formal order; The dance's pattern, dance while you can. Dance, dance, for the figure is easy; The tune is catching and will not stop; Dance till the stars come down from the rafters; Dance, dance, dance till you drop.
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Merill Nora
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Sam 12 Jan - 19:46

    Jamais. Non, jamais elle ne voudrait de la pitié des gens. Ni celle qu’elle lit dans les yeux des passants quand elle se balade en ville, ni celle de ceux qui la dévisage en boîte quand elle a trop bu, ni dans le parc en pleine overdose, ni dans les yeux de ce mec qui la regarde encore alors qu’il ne ressent rien pour elle. Qui la juste baiser. Comme les autres. Voir cette lueur la dégoutait. Elle ne veut pas de ça. Ni de rien d’autre : inquiétude, compassion, … Et puis quoi encore. Les seuls regards qu’elle accepte sont haineux, fiévreux, brutaux, insensible, fous. Refuser le reste la rend folle. Tant mieux, tant pis. Il faut bien crever d’une certaine façon. Ne vouloir aucune attache, on peut vivre avec. La preuve, elle le fait. Le seul lien dont elle n’arrive pas – et sûrement plus jamais – à se défaire, c’est celui avec son dealeur. Menteuse. Et avec cet homme qu’elle est prête à tuer à n’importe quel moment. Ouais, mais y penser la met encore plus hors d’elle. Se retrouver à vouloir sa mort après avoir baiser, ce devait être la chose la plus illogique au monde. Sauf que le fait qu’ils ne soient pas amoureux, qu’ils ne soient pas en couple, que ce soit un salaud et elle une pute folle, ça rend la situation totalement normale. Banale. Anodine. Bien que probablement effrayante. Non, elle ne l’est pas. Juste folle. Rien d’autre.

    Plus vite ! Mais elle préfère prendre son temps. Elle ne voit rien dans son regard, à lui. Rien. Sa folie embrume son regard sans qu’elle ne puisse rien y faire. Son simple désir de mettre fin à sa vie, à la vie de ce connard, la rend euphorique. La démence coule dans ses veines et elle ne s’arrêtera pas de sitôt. Ses yeux quitte l’autre regard en face d’elle et se fixe sur la jugulaire qu’elle voit battre. Juste là, d’une manière forte et précise. Son corps entier en frissonne d’avance d’excitation. C’est si frustrant de ne pas pouvoir aller plus vite. Ses mains tremblent encore, son corps entier ne réagir qu’au but que son cerveau lui envoie. Plus qu’un mètre. Son sourire fou s’immisce d’un coup sur ses lèvres. Elle est si proche de son but. De lui donner sa fin. Leur fin. Mais à peine eut-elle le temps de lever la seringue vers lui qu’il pose rapidement – trop pour que son mental le conçoit immédiatement – une main sur son poignet. Son emprise est forte. Tellement qu’elle ne sent bientôt plus de sang dans celle-ci. Son sourire a disparu, son regard devient d’une noirceur intense sur lui. Non, elle n’a pas pu le faire. Ses tremblements redoublent. Enervement. Agressivité. Hargne. Colère. |i]Putain ![/i]

    N’étant plus consciente de grand-chose, elle entend juste la seringue tomber à terre. Paniquée, elle essaye de baisser le regard pour voir si elle n’avait pas cassé. Une dose de perdue, l’enfer. Son envie de meurtre augmente encore d’un cran envers lui. Elle le hait. De tout son cœur qui n’est rempli que de ça, de toute manière. Sa main vient sur son avant-bras. Son corps lui interdit de bouger. Qu’il crève, c’est tout ce qu’elle désirait. La marque qu’il pourrait y avoir sur son poignet, elle n’en avait rien à foutre. Tue-le. Merde, il est trop proche. Beaucoup trop. Serrant les dents, elle écoute ses paroles. Il est encore près, d’une manière affreuse. « Tu fais ce que tu veux de ta vie. Mais je ne te laisserai pas jouer avec la mienne. » Trop tard chéri, pensa-t-elle en souriant, satisfaite de le faire souffrir au moins psychiquement. Qu’il ressente un centième de ce qu’elle endure chaque jour, chaque nuit la rend fière. Quelque part, de lui faire ce mal la rend … Moins seule. Moins folle, peut-être. Peu importe.

    Ses bras se resserrent alors qu’elle ne bouge toujours pas. Qu’il l’étouffe, elle ne s’enfuira pas. Elle n’a pas peur de mourir. Ce serait une délivrance. Qu’il la fasse crever. Vite. Son souffle est trop proche de son oreille. Son esprit s’agite, torturé. Sa langue l’électrise. Toute envie de le voir au stade de cadavre s’échapper. Ses dents lui coupent le souffle, leur corps si proche lui donne envie. Encore du sexe, rien d’autre. Deux fois, ouais. Mais elle ne cherche pas à le toucher. Elle apprécie juste ce qu’il fait. Apprécier ?! Sa folie se met en alerte, mais elle n’y prête plus attention. Juste une demi-seconde, elle veut profiter de cette étreinte. Ses bras entourent son corps, sa main remonte son dos vers ses cheveux longs, emmêlés, sans importance. Sa main sur son visage l’apaise. La vraie Nora se laisse apprivoiser. Pauvre conne. Tant pis, elle l’est, folle ou non. « Tu sais, je préférerais que tu restes en vie... Avec moi. » Son regard se mêle au sien. Elle déteste chaque mot qu’il vient de dire. Il s’est attaché. Il n’avait pas le droit. Il le regretterait.

    Dans un léger moment de calme envers elle-même, son regard devient perdu. Vide. Sans vie. Rien qui ne lui ressemblait. Mais elle avait juste … Ouais, bref. « Qu’est-ce que ça peut te foutre, Dawn ? Tu serais tellement bien si tu étais débarrassé de moi, pas vrai ? T’en rêve que je crève, avoue. Soit un peu intelligent : si je reste en vie, et avec toi … Impossible ! » dit-elle en levant les yeux aux ciels. Il y a tellement d’aspects négatifs : sa folie, sa drogue, son « métier », sa façon de vivre, son envie de le tuer, son vide à la place son cœur. Son esprit se débat. Son cerveau recommence à faire des siennes. C’est reparti ! lui hurle sa folie. Se battre contre ne sert à rien. « J’me barre » reprend-elle froidement. S’écartant d’un coup, elle se remet debout, arrange ce qu’elle porte – enfin, pour le peu qu’il en reste et où il n’y a pas de trous – et le fixe encore une fois. « Je ne suis qu’une pute. Une pute. Pute folle. Ne compte pas sur autre chose » fit-elle sèchement. Une voix crie au fond d’elle, mais sa démence lui lance une baffe pour la faire taire. Rien ne change. Elle est folle. Point final.




« ecstasy in the air, i don't care. »
MERILL NORA ▬ folie, douce amie, ne me laisse jamais seule. tu es la seule grâce à laquelle je me sens tant en vie. la force que tu me procures, ne me la retire jamais. oh merci, bitch. ♥️
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Baek Dawn
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Ven 1 Fév - 22:09

Now, in my bed
That any beholder
Might fancy me dead-
Might start at beholding me,
Thinking me dead.

The moaning and groaning,
The sighing and sobbing,
Are quieted now,
With that horrible throbbing
At heart:- ah, that horrible,
Horrible throbbing!


    Dans un rêve, elle sourit. Non, elle rit aux éclats, pleine de candeur, de joie ; ce sentiment d'extase qui vous fait vous sentir vivant. Si son corps est toujours aussi maigre, il est néanmoins un peu moins pâle. Un rose innocent est déposé sur ses joues joliment dessinées. Et ses lèvres... Ses lèvres ; elles se sont débarrassées d'un rouge trop vif, leur couleur naturelle est trop tentante, elles sont trop pulpeuses, elles l'appellent. Son corps maigre est recouvert d'une robe blanche aux bretelles fines. L'une retombe sur son bras, elle ne prend pas la peine de la remettre correctement. Parce que c'est bien plus attirant ainsi. Pourtant, cette tenue n'a rien à voir avec ses accoutrements habituels. Presque semblable à un voile, elle s'arrête juste au dessus du genou, quelques plis se forment sous l'effet du vent et laissent voir le début de ses cuisses, si fines. Il s'avance pour y glisser le bout de ses doigts ; une chaleur s'empare de lui. Elle est réconfortante, son cœur s'enveloppe d'une douceur passionnée ; ou est-ce d'une douce passion ? Il ne s'agit plus de la même passion que quand il la prend violemment, tout cela est derrière lui, parce qu'il a l'impression d'aimer. Non. Il aime, il l'aime. Et sa main remonte le long de sa cuisse, laissant apparaître chaque fois un peu plus de sa blanche peau. Lentement, il vient entourer son fin visage de son autre main, il le caresse du bout du pouce et tandis qu'elle ferme les yeux, il vient déposer ses lèvres sur sa joue, avant de se rapprocher un peu plus de sa bouche. Le contact est finalement là, des frissons se dessinent sur chaque parcelle de sa peau, tandis qu'il s'empare de sa langue, mordille ses lèvres, avant de la serrer un peu plus contre lui. Quand il lève les yeux au ciel, il entrevoit un bleu sans fin, parsemé çà et là de quelques tâches blanches. Le vent caresse à son tour son visage, et il resserre un peu plus son étreinte autour du faible corps de celle qu'il n'a pas décidé de chérir, mais celle pour qui il est pris d'une passion qui le rend le plus niais et le plus amoureux ; le plus niais car le plus amoureux.

    Et si la réalité était ainsi, il serait heureux. Et avec des si on peut refaire le monde, il le sait. Mais parfois, il ne peut s'en empêcher de penser... Si les choses étaient différentes. Si elle était cette jeune femme pure qu'il avait imaginée, vêtue de blanc, au sourire candide et aux gestes doux, celle qui l'enlace de ses bras fins, sans chercher à le tuer. Comme si elle ne le tuait pas déjà assez chaque jour. Quand il la voit. Quand il ne la voit pas. Quand il pense à elle. Constamment. Quand, à la place d'un sourire innocent, se dessine sur son visage un sourire dément. L'amour se transforme en haine, la douce passion devient violente et il est alors incapable de distinguer ses émotions, qu'elles soient positives ou négatives ; tout se mélange et il se rend compte que tout ce qui lui reste, c'est elle. L'Infâme, l'égoïste, la détestable et pourtant si aimée Nora. « Qu’est-ce que ça peut te foutre, Dawn ? Tu serais tellement bien si tu étais débarrassé de moi, pas vrai ? T’en rêve que je crève, avoue. Soit un peu intelligent : si je reste en vie, et avec toi … Impossible ! » Il en rêve, et c'est aussi son plus grand cauchemar. Le jour où elle part, il part. Non, il ne la suivra pas aux Enfers, il restera dans l'enfer de la vie. C'est bien pire que toute autre chose. Qu'est-ce que ça peut lui foutre, lui dit-elle... Qu'est-ce que ça peut lui foutre, après tout ? Que celle qui l'obnubile le quitte de la pire manière qui soit. Elle le fait exprès, d'être si méprisable. C'est elle qui espère qu'il l'abandonne et la laisse crever dans un coin. Comme ça elle ne lui sera redevable de rien. Il est peut-être naïf. Il hésite entre la laisser, comme elle le souhaite, et la forcer à sortir la tête de l'eau.

    Quoi, tu te barres ? Non, tu te barres pas. Parce que c'est moi qui décide quand tu te barres. Je décide de rien d'autre. Alors laisse-moi au moins disposer de toi, ton corps dégueulasse, autant que je veux. Et si je veux te forcer, je le fais. Si je veux prendre ton bras si fragile et t'empêcher de faire un pas de plus, je le fais. Même si ça me déchire le cœur, même si ça me tue d'être au même niveau que ceux qui te paient pour profiter de toi, je refuse que tu te casses. Je refuse. « Je ne suis qu’une pute. Une pute. Pute folle. Ne compte pas sur autre chose. » Sa voix est glaciale, autant que les mots qu'elle prononce. Elle est sur le point de repartir débraillée et de le laisser là, sans une once d'hésitation.

    Il l'arrête. Toute forme de violence et de haine le quitte, ses bras viennent entourer doucement la taille de celle qui a fait de sa vie un cauchemar éveillé. Elle est une drogue. « Pars pas... » Son menton vient se poser sur l'épaule maigre et dénudée de la brune. « Pars pas. » Parce que si elle part, il est quant à lui reparti pour des jours – si ce n'est des semaines – de souffrance, d'attente, de haine, de regret, de questions, d'inquiétude. Il veut en savoir plus sur elle. Il veut qu'elle lui dise pourquoi. Oui, pourquoi. Pourquoi lui, pourquoi ça, pourquoi elle ? Closing your eyes isn't going to change anything. Nothing's going to disappear just because you can't see what's going on. In fact, things will even be worse the next time you open your eyes. That's the kind of world we live in. Keep your eyes wide open. Only a coward closes his eyes. Closing your eyes and plugging up your ears won't make time stand still. Alors ne fuis pas.



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Merill Nora
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MessageSujet: Re: [-18] Let me hate you gently | ft. Nora    Jeu 14 Fév - 19:05


    Pourquoi imaginer une autre vie que celle-ci ? Ça n’a pas de sens. Nous n’en avons qu’une, point barre. Que ce soit une vie antérieure, une vie parallèle ou une prochaine vie n’a pas de sens. Vivre celle présente est la seule à laquelle on peut aspirer. La brune ne pouvait pas se voir heureuse, ni encore moins amoureuse au point de s’être enticher d’une personne pour le reste de sa vie, de mourir le sourire aux lèvres en ayant pu se dire « ma vie a été parfaite ». Non, elle ne le peut pas. De l’aider ? Elle n’en demande pas. Jamais. Mieux vaut être seule que mal accompagnée. Détruire les autres ne lui fait ni chaud ni froid. Probablement que – parfois – ça l’amuse. Mais sinon, elle s’en tape. De tout. De sa vie. De ses « amis ». De sa pute de mère. De la drogue dont elle ne peut plus se passer. De tous ces gros porcs qui lui passent dessus. Ouais, rien n’a d’importance. Alors pourquoi est-ce que Dawn s’attache tant à elle ? Aucune logique. Elle souhaite le tuer après avoir baiser et lui essaye de lui faire entendre raison. Se rend-il compte qu’il essaye de détruire un mur bien plus haut qu’il ne le croit ? Apparemment non. Mais il persiste. Comme un idiot, d’ailleurs. Est-elle réellement le plus fou des deux ? Quand elle le regarde, quand son regard croise le sien, elle sait que non. Il doit la tuer avant qu’elle ne le fasse. Sauf qu’elle voit dans ses yeux bien trop d’espoirs. Elle qui croyait qu’elle lui avait déjà fait comprendre qu’elle est totalement incontrôlable. Mais après tout, s’il aime souffrir, qu’il continue dans cette voie. Pauvre sot. Tout ce qui lui importe, c’est de faire entrer dans sa pauvre petite tête que de toute façon, c’est impossible entre eux. A part s’autodétruire, chose qu’elle arrive déjà bien assez à faire seule. S’il veut y participer, pourquoi pas. Ses mots sont froids, durs, cinglants, mais elle s’en fiche, encore une fois. Quand comprendra-t-il et arrêtera-t-il de faire le sourd ?

    Même si ses lèvres ne prononcent aucun mot, son regard en dit long, malgré le silence pesant qu’elle a engendré. Pour finir, elle lui annonce qu’elle s’en va. Pour combien de temps ? Elle n’en sait rien. Dans quel état reviendra-t-elle ? Non plus. Sûrement encore pire que ce soir. La décadence a un point de non-retour : la mort. La fin est proche. Soudain, il décide encore de s’enfoncer avec elle. Fais-lui aussi mal que ce que tu ressens. Ses bras entour sa taille, son parfum s’incruste en elle. Il est tout proche. Ses yeux le fixent. Vides. Sans émotion. « Pars pas... » Son menton se pose sur son épaule. Elle se laisse faire, profitant de cet instant. Comment peut-il la calmer et la laisser si « contrôlable » alors qu’il y a quelques minutes, elle comptait le tuer pour de bon ? Ça ne dura pas. Une autre crise viendra tôt ou tard et tout allait mal se finir. Elle claquerait enfin la porte et il ne pourra rien y faire. « Pars pas. » Son corps se tend instantanément. Ses dents grincent d’un coup. Ses poings se serrent. La folie reprend sa place dans son corps. « Arrête » lâche-t-elle en essayant de se dégager de lui de toutes ses forces, le poussant en arrière. Se contrôler est dur, mais – pour une fois – elle ne veut pas sa mort. C’est plus de la colère mélangée à de la tristesse qui s’empare d’elle. « Qu’est-ce que tu ne comprends pas dans le fait que je suis dingue ? Tu sais, le genre de personnes comme moi, on les enferme et ils meurent. Point barre. Rester en vie, c’est une merde sans nom. Accepter de rester avec toi, c’est comme rester enfermer dans les murs d’un internat. Si je reste, je suis prisonnière. De la société. De toi. Je ne peux pas, je ne veux pas me sentir pigée dans des conneries encore pire que celles où je suis fourrée »

    Si elle pouvait sentir son cœur, elle remarquerait sûrement que celui-ci se crispe depuis le début de son récit. Pourquoi parler tout à coup ? Elle ne sait pas. Elle doit juste le faire. Ferme la ! Au final, ce n’est pas sa folie qui revient, mais le peu de conscience qui se tapit dans l’ombre depuis tant de temps. « Que veux-tu réellement, Dawn ? Me changer ? Continuer à croire que je pourrais être comme dans tes rêves les plus fous ? Gentille, innocente, apaisée et amoureuse ? Tu te fais du mal tout seul, je n’ai même pas besoin d’en rajouter » rit-elle amèrement. Une fois calmée, la tristesse et la souffrance ont rempli son corps, y campant comme si l’on faisait le siège d’une ville, sachant très bien que l’assiégé ne fera pas long feu. Elle ne part pas. Elle reste là, le toisant si facilement. Elle n’attend pas de réponses, pas de longues déclarations comme elle venait de le faire. C’était plutôt une sorte de délivrance qu’elle venait de s’accorder, mais elle ne l’accepte pas sous ce nom. Que peut-elle faire à part lui dire qu’ils ne sont pas faits pour être ensemble, qu’elle n’est pas une bonne personne, que même s’il croit pouvoir la changer, il tombera de très haut quand il se réveillera une nuit avec un couteau sous la gorge ? Rien. Si ce n’est prier pour ne pas mourir. Car le tour qu’il avait réussi à exécuter pour éviter la seringue ne pourra pas être refait indéfiniment. Et si tu le tues ? se marre sa conscience. Elle ne veut pas y penser. S’il meurt, tout continuera comme avant. Elle ne saura juste pas qui pensera, qui croira, qui se voilera assez la face pour espérer la rendre heureuse. Personne n’est aussi fou que lui. Personne ne cherchera à la changer. Sauf lui. Lui. Dawn.

    Peut-être qu’au fond d’elle, sa disparition provoquera un choc intense. Celui du fait qu’elle a fait une connerie. Et que sa seule alternative sera de se donner la mort, d’une façon ou d’une autre, pour le rejoindre. Est-ce que dans l’après-mort, sa folie aura enfin quitté son corps ? Un léger frisson la prend en y pensant. Ou bien étais-ce parce qu’elle commence petit à petit à trembler de froid. Aussi peu habillée, ça n’avait rien de surprenant. Ses yeux ne le quittent pas. Elle doit faire quelque chose, elle le sent. Mais quoi. Son corps se détend enfin, ses doigts crispés se délient et craquent quand elle les bouge. Jamais elle ne baisse les yeux. Elle les ferme simplement une seconde. Pourquoi est-ce si compliqué dans sa tête ? Pourquoi ne peut-elle juste pas agir comme tout le monde, selon son humeur, ses hormones, et tout ce qui fait qu’elle soit un être humain ? Parce que tu ne l’es pas. « Conneries ! » crie-t-elle subitement. Son regard s’ouvre dans le sien. Elle ne sait même pas ce qui s’y lit. Qu’importe. Un pas, deux pas, trois pas vers lui. Elle le pousse vers le lit, déterminée. Ce n’est pas de l’envie, que ce soit sexuel ou haineuse. Une fois allongé, elle le rejoint sur lui, complètement sur lui, posant sa tête contre son cœur. Un battement doux et régulier y résonne. Bizarre. Etrange. Mais elle aime ça. « Juste tais-toi, Dawn » murmure-t-elle. « Ne dis plus rien jusqu’à demain. Je reste. Avec toi » finit-elle plus bas, recroquevillée contre lui. S’il lui sortait le moindre mot, ça allait partir de live. Il devait juste faire ce qu’elle venait de lui dire. Pour qu’elle puisse faire ce qu’il désirait à son tour. Chacun était content. Bien qu’elle ne savait pas si demain matin, sa démence voudrait revenir et la faire péter un plomb. Peu importe. Pour le moment, elle voulait rester comme ça, contre lui, contre sa chaleur et dormir durant quelques heures, voilà tout ce à quoi elle aspirait pour l’instant. Mon Dawn.




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